À la recherche de Shangri-La

À LA RECHERCHE DE SHANGRI-LA

C'est en 2001 que l'ancienne ville tibétaine de Gyalthang (Zhongdian en chinois), point d'arrêt remarquable de la Route du Thé et des Chevaux, est renommée Shangri-La.

C'est en 2001 que l'ancienne ville tibétaine de Gyalthang (Zhongdian en chinois), point d'arrêt remarquable de la Route du Thé et des Chevaux, est renommée Shangri-La. Après tout, aucune autre ville au monde ne peut revendiquer ce nom si évocateur, qui fait rêver tous les voyageurs. C'est en 1933 que l'écrivain britannique James Hilton décrit, dans Les Horizons perdus, un lieu secret et paradisiaque, perdu aux confins de l'Himalaya, baptisé Shangri-La. S'il ne brille pas par sa qualité littéraire, le livre devint rapidement un best-seller. Première œuvre au monde éditée au format « poche », Les Horizons perdus fut adaptée au cinéma par Hollywood (avec un Oscar à la clé) en 1937. Ce film, avec la présence à l'écran de l'idole de l'époque Ronald Colman, fit la fortune de James Hilton. À une époque où le monde entier sombrait progressivement dans le chaos, l'idée d'un lieu retiré et utopique capta l'imagination du public, et le nom Shangri-La marqua définitivement les esprits. Construit à partir de mots tibétains, ce nom signifie plus ou moins « col Shangri » (la étant un col de montagne), bien qu'il symbolisât rapidement un monde à part entière. Signe de la force évocatrice du roman, le « vrai » emplacement de Shangri-La (lieu imaginaire, rappelons-le !) est recherché sans relâche depuis des décennies. James Hilton avait quelques connaissances du Tibet, lui qui passa de longues heures à la bibliothèque bodléienne d'Oxford. Si, dans son roman, James Hilton localisait la lamaserie dans l'ouest du Tibet, non loin du mont Kailash, le « paradis terrestre » incarné par Shangri-La pourrait trouver sa source dans une ancienne croyance populaire tibétaine : des refuges cachés, appelés « Beyul », se trouveraient quelque part dans l'Himalaya. Ces refuges auraient été rendus invisibles par Guru Rinpoché, fondateur du bouddhisme au Tibet.